Violences à l’école : 16 incidents graves pour 1 000 élèves en 2023‑2024
Les violences et incivilités envers les personnels éducatifs restent à un niveau préoccupant.
Selon les données issues du dispositif SIVIS publiées en 2025, 16 incidents graves ont été recensés pour 1 000 élèves dans les collèges et lycées français sur l’année scolaire 2023‑2024. Le phénomène, stable depuis trois ans, s’intensifie dans certains territoires et se concentre sur les établissements les plus fragiles, notamment les lycées professionnels.

Des violences majoritairement verbales mais parfois physiques
Les atteintes aux personnes constituent près de 80 % des faits signalés. Les violences verbales dominent largement (environ la moitié des cas), suivies des violences physiques (près d’un quart). Les atteintes à la sécurité, au matériel ou les situations impliquant un objet dangereux représentent le reste des signalements. Ces données traduisent un climat de tension chronique plus qu’un phénomène isolé, souvent lié à la fatigue professionnelle et au stress des acteurs de terrain.

Figure 1 : Évolution du taux d’incidents graves dans le second degré
(2021‑2024)

Figure 2 : Typologie des incidents graves dans le second degré (2023‑2024)
Qui sont les auteurs ? Qui sont les victimes ?
Dans près de 9 cas sur 10, les auteurs d’incidents sont des élèves. Mais dans les écoles primaires, une part croissante d’incidents implique désormais des familles d’élèves : conflits avec enseignants, menaces, comportements agressifs.
Les victimes sont avant tout les personnels éducatifs : enseignants, conseillers principaux d’éducation, personnels de vie scolaire. Les élèves eux‑mêmes sont aussi touchés, notamment par les violences entre
pairs.

Figure 3 : Incidents graves selon le type d’établissement (2022‑2023)
Conséquences sur le climat scolaire
Ces agressions, qu’elles soient verbales ou physiques, altèrent le climat de travail, fragilisent la cohésion d’équipe et minent la confiance entre adultes et élèves.
Elles provoquent souvent un sentiment d’insécurité diffus : peur de la confrontation, perte d’autorité, autocensure dans les interventions. Au‑delà des traumatismes immédiats, les répercussions touchent la santé psychologique des personnels et la réussite des élèves : absentéisme, démotivation, désengagement. Dans certains établissements, le climat devient durablement tendu, ce qui renforce le cercle vicieux de la défiance et du repli.
Un cadre institutionnel en évolution
Depuis 2024, le ministère de l’Éducation nationale a renforcé les dispositifs de signalement et la protection juridique des agents. La loi du 9 juillet 2025 introduit des peines aggravées en cas d’agression contre un agent public dans l’exercice de ses fonctions. Des cellules locales d’écoute et de suivi psychologique ont été mises en place dans chaque académie. Cependant, les syndicats soulignent que les moyens restent inégaux et que les équipes de terrain manquent encore de formation pratique pour désamorcer les tensions au quotidien.
Enjeux pour les années à venir
L’école française affronte un double défi : protéger ses personnels et restaurer une relation apaisée entre élèves, parents et institution. La prévention des incivilités doit passer par un travail collectif de communication, de cohésion et de clarification des règles.
Les actions locales les plus efficaces combinent des approches pédagogiques, psychosociales et organisationnelles : explicitation des comportements attendus, soutien par les pairs, médiation, régulation émotionnelle.
Ces leviers exigent du temps et une culture partagée de la prévention des conflits, au‑delà de la seule sanction.
Le saviez-vous ?
En 2023‑2024, 16 incidents graves pour 1 000 élèves ont été signalés dans les collèges et lycées français.
Dans les lycées professionnels, ce chiffre atteint près de 23 pour 1 000 élèves.
Source : Ministère de l’Éducation nationale – DEPP, enquête SIVIS.
