Les agressions visant les professionnels de santé ne relèvent plus de l’incident isolé. En France, un observatoire national documente le phénomène depuis vingt ans, et son dernier rapport confirme une tendance à la hausse. Pour les structures de soin comme pour les professionnels libéraux, la question n’est plus de savoir si le risque existe, mais comment s’y préparer.
## Un phénomène mesuré
L’Observatoire national des violences en santé (ONVS), placé au sein de la direction générale de l’offre de soins, recueille depuis 2005 les signalements de violences commises dans les établissements de santé et médico-sociaux. Depuis fin 2020, il intègre aussi l’exercice libéral de ville.
Son rapport publié en septembre 2025, portant sur les années 2023 et 2024, fait état de 20 961 signalements d’atteintes aux personnes et aux biens en 2024, en hausse par rapport à 2023. Les infirmiers et les aides-soignants représentent la grande majorité des professionnels de santé concernés, et la psychiatrie constitue la principale source de signalements.
Ces chiffres sous-estiment vraisemblablement la réalité : l’ONVS souligne une sous-déclaration structurelle, particulièrement marquée dans le secteur libéral. (Source : Rapport ONVS 2025, données 2023-2024, 24 septembre 2025.)
## Comprendre les facteurs
Une partie importante de ces violences émane de personnes en état de détresse, de désorientation ou sous l’effet de troubles neuropsychiques. La douleur, la peur d’un diagnostic, l’attente, l’alcool ou certaines substances abaissent le seuil de maîtrise de soi et peuvent transformer une frustration ordinaire en réaction disproportionnée.
Aux urgences, les agressions verbales sont quotidiennes et côtoient des comportements d’incivisme. Dans les services de psychiatrie et les structures accueillant des personnes vulnérables, les violences physiques graves sont surreprésentées. Aucun de ces facteurs ne dépend du soignant ; mais la manière dont il accueille la tension fait une différence réelle sur l’issue.
## Un cadre juridique qui se durcit
Le législateur a accompagné ce constat. La loi du 9 juillet 2025 visant à renforcer la sécurité des professionnels de santé durcit les sanctions pénales en cas de violences commises dans les lieux de soin. Le ministère affiche une position de « tolérance zéro » sur les violences en santé.
Ce cadre traite la sanction et la dissuasion. Il ne remplace pas la capacité du professionnel à gérer une situation au moment où elle se présente. (Source : loi du 9 juillet 2025 ; communications ministérielles relayées par les sources professionnelles.)
## Trois leviers concrets en situation
Lire les signaux avant l’escalade. L’agressivité physique est presque toujours précédée de signes : voix qui monte, gestes plus amples, rapprochement, regard fixe. Les repérer permet d’agir tant qu’il est encore possible de désamorcer.
Adopter une posture d’apaisement. Garder une distance suffisante, des mains visibles, un ton calme et un débit lent envoie un message de non-confrontation. Reformuler la demande de la personne — sans nécessairement y accéder — montre qu’elle est entendue, ce qui réduit souvent la pression.
Connaître ses limites et le moment du retrait. Désamorcer n’est pas tout encaisser. Quand la situation bascule, se mettre en sécurité, alerter un collègue ou interrompre l’échange n’est pas un échec : c’est une compétence. Une équipe formée sait à quel moment chacun de ces réflexes s’applique.
## La formation comme réponse structurelle
Face à un phénomène mesuré et persistant, la sensibilisation ponctuelle ne suffit pas. Les équipes qui gèrent le mieux ces situations sont celles qui ont été entraînées à reconnaître l’escalade, à adopter les bonnes postures et à se coordonner. La gestion des conflits devient une compétence métier à part entière, au même titre que les gestes de premiers secours — un enjeu particulièrement sensible pour les professionnels libéraux et les structures médico-sociales, souvent moins dotés que l’hôpital en dispositifs de sécurité.
CNGC accompagne les professionnels de santé et les structures médico-sociales dans cette montée en compétence, avec des approches adaptées à la réalité de l’accueil et du soin.
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Article informatif à visée générale, fondé sur des sources publiques à la date de juin 2026. Il ne constitue pas un conseil médical ou juridique.

